Les conditions du travail

cropped-architecture-cityscape-cityview-34166.jpgL’analyse des conditions de travail, du travail lui-même et plus largement des conditions du travail (son organisation, les moyens, l’autonomie…) permet de saisir les composantes de la charge de travail. Citons :

Sans titre-1L’activité (le poste, les missions, le quotidien, le ressenti de l’écart entre ce qui est demandé et la réalité du travail, le fait de sentir ou non « quitte » à la fin de la journée…) :

Quoi ? Les tâches principales, les responsabilités, la vie au jour le jour, le contenu de l’emploi et du poste, les contacts, la diversité et le nombre d’activités par jour, la masse d’informations à gérer, les imprévus à gérer, les décisions difficiles à assumer, la créativité, la précision des objectifs, la fréquence du reporting, le poids des normes, des demandes contradictoires… Quand ? Le temps de travail, les contraintes temporelles, les rythmes, les sollicitations, le bornage des temps, la connexion en dehors de l’entreprise, les interruptions, la possibilité de prendre ses jours de hors-travail, de quitter en cas d’imprévu, d’organiser son temps de travail… Comment ? L’effort physique (être debout, faire des gestes répétés, ressentir des douleurs…), le savoir-être, les savoir-faire manuels et intellectuels (connaissances, compétences…).

Sans titre-1L’environnement et les conditions de l’activité

Où ? Lieux de travail (bureau, réunion, service, entreprise, transports, clients, domicile, tiers-lieux…), environnements physiques (bruit, lumière, odeurs, poussières…) et technique (écran, chaise, équipement informatique…), exposition à des risques avérés (chimiques…)… L’environnement statutaire collectif (la stabilité financière de l’entreprise, la qualité de la stratégie et du business plan, la pression financière, la gouvernance…) ou individuel (le contrat d’emploi, la sécurité du poste, l’ancienneté, la reconnaissance financière et non financière…) qui est plus ou moins protecteur. L’environnement organisationnel (informelle, pyramidale, normée, apprenante), les méthodes de travail, la coopération, l’ambiance, les possibilités de délégation, la capacité à peser sur la stratégie, la relation avec son supérieur, l’appui des fonctions support, la qualité de l’évaluation, le poids des communications virtuelles… Ces éléments sont plus ou moins des appuis pour travailler et développer une autonomie.

Sans titre-1L’autonomie professionnelle

Les marges de manœuvre, les possibilités de s’organiser, de maîtriser son temps de travail, d’avoir des initiatives, de mettre du sien, de la reconnaissance de la façon dont on s’approprie le poste de travail… La construction de l’identité professionnelle, l’accès à des formations, sur l’identification des compétences propres (savoir-faire, connaissances et savoir-être), de son poste (tâches, finalité, degré d’initiative), de son genre professionnel ou à un métier, des connaissances des ficelles du métier…

Le jugement que l’on a de son travail, la fierté professionnelle, le sens de son travail, de son utilité, de sa visibilité, de la maîtrise de la finalité, l’identification au travail… Il peut être également discuté de son rapport personnel au travail et à la réussite professionnelle…

Sans titre-1Il faut aussi tenir compte du poids du hors-travail : santé personnelle, charge familiale (notion de « salarié aidant »), vie quotidienne, transport domicile-travail, bénévolat… Là encore, ces éléments sont plus ou moins objectivables, mais c’est le ressenti qui est important.


Source : A l’écoute de la charge de travail. Comment les salariés parlent-ils de leur activité ?, Celsa Sorbonne-Université, nov. 2019