Un actif sur quatre ne travaille pas assez

pexels-photo-1329296.jpeg

Le nombre de personnes en emploi a augmenté en quarante ans de 15%. Dans le même temps, le nombre de chômeurs a plus que doublé. Les plus touchés par cet effet ciseaux sont, proportionnellement, les jeunes de moins de vingt-quatre ans. Le taux de chômage des jeunes est le double de la moyenne nationale. Les autres pays européens font mieux que la France en la matière. La crise financière a produit ses effets, notamment auprès de ceux issus de l’enseignement professionnel secondaire (brevet d’études professionnelles, certificat d’aptitude professionnelle). C’est cela qui est inquiétant : le monde professionnel peut être anxiogène pour les jeunes. Comment donner le goût de l’innovation, de la coopération, voire de l’entreprenariat ? Les adultes leur présentent souvent un monde froid, une compétition dure, une course à l’excellence. Ils les incitent à la performance individuelle, bien que le travail en équipe soit la compétence la plus utilisée au travail. On entre bien tard sur le marché du travail et on en sort tôt (vers un peu plus de soixante-deux ans).

Un chômeur est une personne de quinze ans et plus, qui n’a pas d’emploi et qui en recherche un selon l’Insee, reprenant les critères du Bureau international du travail (BIT). Mais, au sens du BIT, une personne est considérée comme ayant un emploi si elle a travaillé ne serait-ce qu’une heure au cours d’une semaine donnée. Ce n’est pas très restrictif. Les frontières entre emploi, chômage et inactivité sont difficiles à établir. On parle d’un « halo » autour du chômage. Reste la vraie question : combien y at- il de personnes qui voudraient travailler plus qu’elles en ont la possibilité de le faire ? Il y a celles et ceux qui recherchent un emploi, qui attendent les résultats de démarches antérieures, qui cherchent mais ne sont pas disponibles rapidement ainsi que ceux qui ont lâché prise… Ça fait du monde. Il y a aujourd’hui plus de 3,6 millions de personnes qui sont sans emploi et plus de 2,2 millions en activité réduite. Et, parmi eux, il y aurait 1,3 million de salariés à temps partiel subi (principalement des femmes). 0,3 million sont soit sans emploi mais non immédiatement disponibles. 0,4 million de personnes sont inscrites à Pôle Emploi mais ont un emploi (principalement des contrats aidés, mais également quelques créateurs d’entreprise). « Il n’y a pas d’indicateur qui a plus raison qu’un autre. Celui de l’Insee permet de faire des comparaisons internationales, celui de Pôle Emploi donne le pouls du service public de l’emploi. […] Ceux des collectifs militants témoignent du nombre de personnes gravitant autour du sous-emploi et qui pourrait dépasser les sept millions si on ajoute les personnes dont les revenus ne permettent pas de vivre au-dessus du seuil de pauvreté. Autrement dit, un peu plus d’un actif sur quatre » note Jean-Baptiste Chastand dans Le Monde).