Comment rendre le travail « supportable » ?

equipment-gym-hard-669577J’effectue un mémoire sur la charge de travail dans le cadre d’un master au Celsa Sorbonne-Université « Communication – Management, organisations et ressources humaines ». L’angle est celui de la qualité de la parole, des échanges sur la charge de travail. Il est proposé par les travaux des ergonomes de renoncer à une mesure objective de la charge de travail sur le travailleur car il y a trop de paramètres en jeu dans un système et trop de différences entre les hommes (postulat qu’il n’existe pas « d’homme moyen »). Il a toujours existé des indicateurs physiologiques (rythme cardiaque, fatigue musculaire…) mais il s’agit d’accepter leur limite. Il est inutile de séparer la charge physique et la charge mentale. L’approche ergonomique regarde l’homme au travail dans son ensemble ; par exemple, le stress a des conséquences physiques, le travail immatériel des contraintes physiques (écran, posture fixe…). Le corps et le cognitif ne sont pas séparables. Cinquante ans après les premiers travaux sur la charge et le début d’une mobilisation institutionnelle sur les conditions de travail, l’économie, les modèles de gestion et le travail ont bien changé. Travailler sur la charge implique de saisir les tensions qui pèsent sur l’activité : il s’agit de comprendre en quoi la prescription, la charge de travail ne proviennent plus seulement « d’en haut » dans un monde stable et régulé. En matière de santé-sécurité au travail l’heure est aujourd’hui à la prévention, au niveau primaire. L’enjeu de la charge ouvre à une politique plus large sur la qualité de vie au travail (QVT) et de bien-être au travail qui passe par le « bien-faire ». Une façon de se prémunir contre les dérives de la subjectivation (gestion de soi, psychologisation) : désindividualiser la régulation de la charge de travail. Une évaluation de la charge de travail bien menée, à 360 degrés, est proche des indicateurs de la QVT : conditions de travail, relations, perspectives individuelles, conciliation des temps, anticipation des risques. Une démarche QVT est mise en discussion du travail, de son organisation, d’une « dispute » sur la qualité (Yves Clot). La charge, c’est ce qui pèse : comment rendre le travail « supportable » ?