Des espaces de coworking pour les chômeurs

cChercher un emploi, un poste, développer une offre professionnelle est une activité à part entière. Pourquoi ne pas la valoriser en tant que telle ? La transition est menée dans une logique projet visant l’orientation, la formation et la mise en situation de travail. Une période de chômage, de galère ou de sous-emploi devrait être affichée sur un CV sans honte. La reconnaissance de cette activité, de ce travail passe par un accompagnement sans cesse amélioré et celui-ci est forcément local. Il pourrait être assuré au sein d’une plateforme territoriale bien insérée dans un réseau d’acteurs, d’entreprises, de partenaires sociaux et de collectivités locales. Cette structure pourrait animer les chercheurs d’emploi en tant que collectif actif, partageant leurs expériences. Cela existe, mais tout à fait à grande échelle. Chaque chômeur devrait avoir un collectif qui l’attend chaque matin. Des lieux pérennes en complément des multiples salons, espaces temporaires d’accueil et services publics de l’emploi. Les municipalités pourraient dresser des lieux de coworking, de partages de projets, d’échanges entre demandeurs d’emploi dans leur quartier… Des lieux à animer et à manager qui ont un coût, mais il est celui des bibliothèques ou des jardins publics : la rentabilité des espaces créatifs et culturels n’est pas seulement mesurable avec des chiffres comptables. Ces lieux ne seraient pas très différents des pépinières d’entreprises. Il y a 1500 espaces de coworking et autres types de « tiers-lieux » représentant quelque 100 000 professionnels (cf. le rapport de la mission « Coworking : territoires, travail, numérique », janv. 2018). Les municipalités ont des prérogatives importantes en aménagement du territoire : elles devraient héberger les chômeurs de leur commune et leur rendre un peu de citoyenneté professionnelle. Le coût d’espaces de coworkng pour chômeurs serait sans soute astronomique, mais à l’heure où la dynamique de l’emploi se loge dans les contrats courts, les territoires du travail doivent accueillir les sans-emploi.