Peut-on se passer des syndicats ?

imagesJe travaille depuis une quinzaine d’années auprès de responsables syndicaux. Cet un choix fait pour appréhender les enjeux des ressources humaines, de la gestion de l’emploi et du travail. La question syndicale est souvent baclée et malmenée. Faibles, divisés, dépensiers, grévistes, au mieux considérés comme des urgentistes de l’emploi et des conditions de travail ; au pire accusés d’empêcher réformes et modernisation… on entend de tout sur les syndicats. Aucun débat public ne mérite une telle caricature. Je publie en 2012 cet essai personnel tant je me sens concerné par la question. Une recension  paraît dans Le Monde et quelques radios m’interpellent : le sujet est porteur alors que démarre un nouveau quinquennat. Les enjeux sociaux sont devenus complexes depuis la création des grandes confédérations. Parcellisation de l’activité, dévalorisation de certains métiers, difficulté à valoriser le travail intellectuel, protection sociale menacée par le poids de la dette… L’actif est de moins en moins un salarié qui échange sa production contre de la protection. La domination financière sur l’activité, d’un côté, la domination de la consommation sur l’économie, de l’autre, l’ont placé dans une situation de solitude jusqu’à l’intérieur même de l’entreprise. Voilà qui renouvelle la question syndicale. Le syndicalisme est une idée neuve (Amazon / La Promesse syndicale, 2012).